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La doctrine Tshisekedi : de l’outsider politique à l’architecte d’un rééquilibrage régional

  • Writer: PAN AFRICAN MEDIA
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  • 5 hours ago
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Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, président de la RDC depuis janvier 2019


Lorsqu’en janvier 2019 Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo accède à la magistrature suprême, une large partie de l’élite politique congolaise, africaine et occidentale le perçoit comme un président de transition, sans réelle épaisseur stratégique, porté davantage par l’héritage symbolique de son père que par une vision structurée du pouvoir. Cette lecture, paresseuse et condescendante, s’est révélée profondément erronée.

En l’espace de quelques années, Tshisekedi a opéré une mue politique rare sur le continent : celle d’un dirigeant initialement sous-estimé, contraint par des rapports de force défavorables, devenu un acteur central capable de recomposer la dynamique intérieure congolaise et de repositionner la République démocratique du Congo au cœur du jeu géopolitique africain et mondial. C’est cette trajectoire, désormais lisible et confirmée par les événements de 2025-2026, que l’on peut qualifier de doctrine Tshisekedi.


L’apprentissage du pouvoir dans un système verrouillé (2019–2020)


La rupture calculée : la fin du compromis et la reprise de l’État (2020–2021)


L’Union sacrée de la nation reste la plateforme majoritaire en 2026, malgré les tensions liées à la guerre à l’Est


Région des Grands Lacs :Zone de tentions historiques entre RDC et Rwanda



La diplomatie comme arme stratégique

Face à la résurgence du M23 et à l’implication de facto du Rwanda, Tshisekedi rompt avec des décennies de diplomatie défensive. Il internationalise le conflit, documente les faits et impose la narration congolaise.

L’escalade de début 2025, avec la prise de Goma par le M23 en janvier, marque un point critique.


Tshisekedi intensifie alors son offensive diplomatique : rencontre directe avec Paul Kagame à Doha en mars 2025 (médiation qatarie), suivie de la signature de l’accord de paix à Washington le 27 juin 2025, puis par les chefs d’État en décembre 2025 sous égide américaine.



Signatures de l’accord de paix RDC-Rwanda à Washington (2025)


La remise en cause du pouvoir de Paul Kagame

La doctrine Tshisekedi conteste l’hégémonie régionale rwandaise. L’esprit de l’accord oblige Kigali à neutraliser le FDLR  dont le bastion se trouve sur le territoire contrôlé par les rebelles du M23 mais également à retirer son soutien au M23, inversant partiellement le rapport de forces symbolique. Kinshasa redevient un acteur pivot, soutenu par les États-Unis, le Qatar et plusieurs partenaires africains.



Exploitation des minerais critiques en RDC.



La RDC au cœur des enjeux globaux

La transition énergétique renforce le levier congolais.


En 2025-2026, Tshisekedi conclut des partenariats majeurs avec les États-Unis sur les minerais critiques (cobalt, cuivre, lithium), lors du sommet de Washington et de sa visite en février 2026. Ces accords lient sécurité et ressources, mais suscitent des critiques locales sur les risques d’exploitation inéquitable.


Une doctrine validée, malgré les défis persistants


La doctrine Tshisekedi – patience tactique, recomposition interne, offensive diplomatique et valorisation stratégique des ressources a porté ses fruits avec l’accord de paix de 2025, fruit d’une médiation internationale qu’il a su susciter. Si l’insécurité à l’Est et les faiblesses structurelles freinent encore les résultats, Félix Tshisekedi s’impose désormais comme un acteur redoutable, capable de redéfinir les équilibres régionaux et de replacer la RDC parmi les nations incontournables.



Gedeon Baleke

MGA ,Munk School of Global Affairs and Public Policy


Secretary General ,African Coalition for Development.


 
 
 

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